Publié le 6 sept. 2020 à 16:26
Comme les Californiens attendant le « Big One », Wall Street surveille les moindres secousses tectoniques des plaques de sa « Big Tech ». Il revenait donc à une « baleine » japonaise de provoquer quelques tremblements bien sentis pour aider les investisseurs à se faire peur après la rapide ascension boursière des grands noms du secteur depuis un mois, d'Amazon à Tesla. Comme un vulgaire boursicoteur de Robinhood, Masayoshi Son, le patron de Softbank, démasqué par le « Financial Times », a joué l'effet de levier des options. A la différence près qu'un pari massif d'une cinquantaine de milliards sur quelques grandes capitalisations de la cote new-yorkaise a été auto-réalisateur sur leur hausse. Outre que la « vision » de « Masa » à un siècle ne s'exempte pas de quelques juteux profits hautement risqués et de très court terme, et qu'on ne doit pas sous-estimer l'impact de la « spéculation humaine » dans des échanges dominés par les robots, les investisseurs pourront tirer une leçon, finalement positive, de ce nouveau conte des cétacés des marchés : la décélération de la baisse des titres, vendredi, montre qu'il n'y a pas de faille de San Andreas dans les valorisations du secteur technologique. « L'essentiel de sa surperformance en Bourse provient de la croissance de ses bénéfices », rappelle Frédéric Rollin chez Pictet AM. Le plancton des petits porteurs peut respirer…

À noter
Softbank avait accumulé depuis le printemps environ 3,8 milliards de dollars de participations (à fin juin) dans les grands noms de la technologie, d'Amazon à Alphabet en passant par Tesla, Microsoft, Netflix, Nvidia et Zoom Video. Apple ne faisait pas partie de cette liste.
Les 4 milliards de dollars dépensés en plus par Softbank pour acquérir des options d'achat dans ce secteur lui auraient donné une exposition nominale d'environ 50 milliards, soit plus qu'un décuplement, avance le « Wall Street Journal ».
La hausse des volumes d'options d'achats a amené les banques qui vendent ces contrats à se couvrir en achetant les titres concernés.
Softbank aurait également vendu des options d'achats à des prix supérieurs aux contrats qu'il achetait, empochant des primes pour des contrats qui ne pourront donc être exercés après la chute des titres. Celle-ci aurait été provoquée par le débouclage d'une partie de ces positions par le holding pour empocher ses plus-values. Softbank n'a pas fait de commentaires sur ces informations.
La valeur nominale des options d'achats sur des actions américaines a atteint en moyenne 335 milliards de dollars par jour ces deux dernières semaines, soit plus du triple de la période 2017-2019, selon Goldman Sachs.
Les paris de Softbank, concentrés sur les « Big Tech », auraient donc placé entre ses mains environ 15 % du marché des options, tous secteurs confondus. Environ 69 % de ce marché concerne des maturités très courtes (moins de deux semaines), généralement prisées par les particuliers.
September 06, 2020 at 09:26PM
https://ift.tt/3jUi10c
Bourse/Hi-Tech : La grande faille et la baleine - Les Échos
https://ift.tt/2Vb9Mmp
Bourse
No comments:
Post a Comment